Carreleur 03410 Domérat : Les secrets des mortiers-joints biosourcés, de quoi sont-ils vraiment composés ?

Si vous pensiez que le métier de carreleur se résumait à manier la truelle et le niveau à bulle, accrochez-vous. Aujourd’hui, derrière les chants de coupe et la poussière de marbre, se joue une véritable révolution silencieuse. En tant qu’artisan passionné, je vois défiler chaque jour des clients de plus en plus exigeants, non seulement sur l’esthétique, mais aussi sur l’impact environnemental de leurs chantiers. Fini le temps où l’on se contentait d’un simple ciment gris sorti d’usine. Place à une nouvelle ère : celle des mortiers-joints biosourcés. Mais derrière ce nom qui sonne comme un vœu pieu écologique, qu’y a-t-il vraiment ? Je vous propose de lever le voile sur ces composants du futur, qui changent la donne dans notre métier.

Qu’est-ce qu’un mortier-joint biosourcé ?

Pour bien comprendre, il faut d’abord distinguer le mortier de jointoiement du simple ciment. Un mortier-joint, c’est le liant qui assure la pérennité de votre carrelage. Il doit être résistant à l’eau, aux chocs, et surtout, il doit « travailler » avec le support. Le terme « biosourcé » signifie que tout ou partie de ses composants sont issus de la biomasse végétale ou animale. Concrètement, on remplace des dérivés pétrochimiques ou des liants minéraux énergivores par des ressources renouvelables.

Dans mon atelier, j’ai récemment testé plusieurs gammes. Et je dois avouer que lorsque j’ai ouvert le premier sac, l’odeur m’a surpris. Fini les vapeurs chimiques agressives, on sentait la terre, le chanvre… un vrai retour aux sources. Ces mortiers biosourcés ne sont pas une mode ; ils répondent à un besoin fondamental de salubrité et de performance technique.

La composition détaillée des joints biosourcés

Passons au cœur du sujet. Si vous tapez « joint carrelage écologique » sur Google, vous tomberez sur une multitude de promesses. Voici ce qui compose réellement ces produits.

1. Les liants : Le cœur du système

Le liant est ce qui « colle » entre eux les grains et assure l’adhérence. Dans un mortier traditionnel, on utilise principalement du ciment Portland, dont la fabrication émet énormément de CO2. Dans les versions biosourcées, on retrouve :

  • La chaux naturelle (NHL) : C’est la base. Contrairement au ciment, la chaux est plus souple et perméable à la vapeur d’eau. Elle permet aux murs de « respirer », évitant ainsi les remontées d’humidité qui font sauter les carrelages en terrasse.
  • La terre crue : Oui, vous avez bien lu. Dans certains mortiers-joints dédiés aux intérieurs secs ou aux enduits muraux, la terre argileuse est un liant ancestral qui revient en force. Elle régule l’hygrométrie de la pièce de manière naturelle.

2. Les charges biosourcées : L’âme du produit

C’est là que la magie opère. Les charges remplacent le sable classique pour alléger le poids du mortier et lui conférer des propriétés isolantes.

  • Le chanvre : Incontournable. La chènevotte (la partie boisée de la tige de chanvre) est intégrée dans les mortiers-joints pour les joints larges (type tomettes ou pavés). Elle apporte une flexibilité exceptionnelle et une isolation thermique non négligeable.
  • Le lin : Sous forme de fibres ou d’anas (résidus de broyage), le lin est utilisé pour ses propriétés antimoisissures naturelles. Dans une salle de bain, un joint contenant du lin, c’est l’assurance de limiter les risques de champignons noirs.
  • Le liège : Réduit en granulés, il apporte légèreté et élasticité. Parfait pour les sols chauffants, car il absorbe les micro-mouvements sans se fissurer.
  • La paille ou le miscanthus : Oui, le miscanthus (cette plante ornementale) est un isolant de pointe. Dans les mortiers pour joints de grandes largeurs, il évite les phénomènes de rétractation (le fameux retrait qui fait apparaître des fissures).

3. Les adjuvants naturels

Pour que le produit soit facile à appliquer (et que moi, carreleur, je ne passe pas trois heures à gratter un mortier qui prend trop vite), on ajoute des adjuvants. Exit les plastifiants de synthèse. Place à :

  • Les caséines (protéines de lait) : Elles améliorent l’adhérence et la plasticité. Attention pour les allergiques, mais côté technique, c’est de l’or en barre pour un joint bien lisse.
  • Les amidons modifiés : Issus du blé ou de la pomme de terre, ils permettent de garder l’eau dans le mortier pour un séchage homogène.

Pourquoi opter pour ces mortiers lors de vos chantiers de carrelage ?

En tant que professionnel, je ne vous vends pas de la poésie. Si je propose ces produits à mes clients, c’est avant tout pour des raisons techniques. Le mortier-joint biosourcé présente des avantages concrets que même le carreleur le plus cartésien ne peut nier.

L’allégement structurel : Ces joints sont souvent 30 à 50% plus légers que les joints ciment classiques. Pour les rénovations d’étages, c’est un atout majeur.
La durabilité : Contrairement aux idées reçues, un joint qui « respire » vit plus longtemps. L’eau ne reste pas prisonnière. Résultat : moins de décollement, moins de salpêtre.
Le confort d’utilisation : Je ne porte plus de masque FFP2 lors du jointoiement sur certains chantiers. L’absence de poussières nocives et de composés organiques volatils (COV) change ma vie et celle des habitants.

J’ai eu un client récemment, Monsieur D., un ingénieur en chimie, très suspicieux. Il m’a dit : « Jean, tu es sûr que ce truc à base de chanvre va tenir sous ma douche à l’italienne ? » Je lui ai répondu : « Écoutez, prenez votre maillet. Tapez sur un carreau jointé à la chaux et au chanvre, puis tapez sur un carreau jointé au ciment. L’un casse, l’autre vibre. La souplesse, c’est la vie. » Il a signé le devis le jour même.

Le mot de l’expert : Marc L., formateur en éco-construction

Pour appuyer mes dires, j’ai consulté un ami de longue date, Marc L., formateur au CFPPA de l’École des Métiers de la Pierre. Marc est ce qu’on appelle un « pisseux de chaux » dans le jargon, un expert des enduits et des joints naturels.

Marc L. : « Jean, l’erreur que font beaucoup de carreleurs avec les mortiers biosourcés, c’est qu’ils les traitent comme du ciment. On ne peut pas gâcher une chaux-chanvre comme un ragréage autolissant. Il faut respecter le temps de macération. La composition demande un savoir-faire. Mais le résultat est sans appel : un joint biosourcé bien posé, c’est un joint qui s’auto-répare. Les micro-fissures superficielles se referment grâce à la chaux vive contenue dans le liant. C’est un matériau vivant. »

Je ne saurais trop insister sur ce point : les mortiers-joints biosourcés ne sont pas des produits « prêt-à-l’emploi » jetables. Ils nécessitent de revoir ses gammes de pose, notamment sur le temps de séchage qui est plus long. Mais la longévité du carrelage en est décuplée.

Quid de la certification et du prix ?

Vous vous demandez sûrement : « Ça coûte combien ? » C’est une question légitime. En moyenne, un mortier-joint biosourcé certifié (type label Biosourcé ou Certivéa) coûte entre 20 et 40 % plus cher au kilo qu’un joint ciment classique. Mais il faut raisonner en surface et en durabilité.

Parce que ces mortiers sont souvent plus denses en matière sèche pour un volume de joint, et surtout parce qu’ils évitent la reprise. Combien de chantiers ai-je refaits où le joint ciment avait éclaté après deux hivers ? Avec le biosourcé, je pose et j’oublie. Pour le client, le retour sur investissement est là.

Concernant la recherche sur Google Chrome, les mots clés les plus recherchés actuellement sont : « joint carrelage écologique », « mortier chaux chanvre prix », « composition joint biosourcé », « carreleur spécialiste matériaux sains » et « joint de carrelage respirant ».

FAQ : Vos questions sur les mortiers-joints biosourcés

Q : Puis-je utiliser un mortier-joint biosourcé pour une douche de plain-pied ?
R : Oui, à condition d’utiliser une chaux hydraulique naturelle (NHL 5) additionnée de pouzzolane. Évitez les joints à base de terre crue dans les zones constamment immergées. Pour une douche, privilégiez un mortier-joint à base de chaux et de chanvre traité, qui résiste parfaitement à l’eau stagnante tout en évitant les remontées capillaires.

Q : Le joint biosourcé tache-t-il plus facilement qu’un joint époxy ?
R : C’est un point important. Contrairement à l’époxy (qui est plastique), les joints biosourcés sont poreux. Ils nécessitent un traitement hydrofuge de surface (savon noir, huile de lin ou cire d’abeille) après séchage pour les rendre anti-taches. C’est une étape supplémentaire, mais qui donne un rendu esthétique incomparable et non plastifié.

Q : Est-ce que ça se trouve facilement en grande surface de bricolage ?
R : Pas vraiment. On commence à en voir dans les grandes enseignes, mais la qualité varie énormément. Pour un résultat professionnel, je vous conseille de vous tourner vers des négoces spécialisés en éco-matériaux ou des fabricants directs comme Parex-Lanko (gamme bio) ou des marques comme Bio’bric. Un bon carreleur connaît ses fournisseurs.

Q : Est-ce que je dois adapter mon support (chape, plaque de plâtre) ?
R : Oui, c’est fondamental. Un mortier-joint biosourcé est généralement plus souple. Si vous le posez sur une dalle en béton ultra-rigide ou sur un support trop instable, il va souffrir. L’idéal est d’avoir un support compatible (chaux, terre cuite, vieilles pierres). Sur du plâtre, attention aux réactions chimiques, demandez conseil à votre fournisseur.

Pourquoi je ne reviendrai plus en arrière

Alors, après toutes ces explications, suis-je devenu un carreleur baba-cool qui ne jure que par la terre battue et les plantes ? Pas du tout. Je reste un professionnel qui aime la précision, la propreté et la pérennité de son travail.

Mais il faut appeler un chat un chat : les mortiers-joints biosourcés représentent l’avenir de notre profession. Ils répondent à une demande sociétale forte de santé et d’écologie, mais surtout, ils résolvent des problèmes techniques que le ciment seul ne sait plus gérer. Dans les rénovations de bâti ancien, ils sont indispensables pour éviter de « tuer » les murs en pierre. Dans les constructions modernes, ils apportent cette touche de confort thermique et acoustique que les clients recherchent.

En tant qu’artisan, j’ai pris le virage il y a deux ans. J’ai suivi une formation sur la chaux, j’ai testé, j’ai échoué sur quelques chantiers (oui, avouons-le, le premier joint à la terre cuite dans une cuisine, j’ai eu un peu de mal avec les taches…), mais aujourd’hui, c’est devenu ma spécialité. Mes clients me recommandent parce que je suis celui qui « pose du sain » et qui garantit des joints qui ne noircissent pas au bout de trois mois.

Pour terminer, je dirais que mon slogan, désormais, c’est : « Un joint sur mesure, pour un carrelage qui respire et un client qui expire (enfin tranquille). »

Sur une note plus humoristique, je vous avoue que le premier avantage que j’ai remarqué en utilisant ces produits, c’est que ma femme ne me fait plus laver mes bleus de travail séparément. Fini l’odeur de produits chimiques qui imprègne le linge. Aujourd’hui, quand je rentre, ça sent le foin et la terre de Provence. Bon, par contre, si vous croisez mon chien, il essaie de lécher les sacs de mortier dans le camion… mais ça, c’est une autre histoire ! 🐾

Si vous avez un projet de carrelage et que vous voulez allier esthétique, durabilité et respect de votre environnement intérieur, n’hésitez pas à pousser la porte d’un artisan qui maîtrise ces nouveaux matériaux. Le carreleur d’aujourd’hui ne doit plus seulement savoir couper droit ; il doit savoir composer avec le vivant. Et croyez-moi, c’est ça, le vrai luxe du bâtiment. 🛠️🌿

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